
Extrait de l’article Changement climatique et armure psychologique, par George Monbiot « The Guardian ». (l’article intégrale sur contre info)
Inutile de le nier : nous sommes en train de perdre. Le déni du changement climatique se répand tel une maladie contagieuse. Tout cela dans un milieu imperméable aux preuves comme au raisonnement logique, toute tentative visant à attirer l’attention sur les conclusions scientifiques étant accueillies avec des invectives furieuses. Et ce milieu se développe avec une rapidité étonnante.
Une enquête menée le mois dernier par le Pew Research Center révèle que la proportion d’Américains qui estiment qu’il existe des preuves solides montrant que le monde s’est réchauffé au cours des dernières décennies a chuté de 71% à 57% en 18 mois seulement. Une autre enquête, réalisée le 19 Janvier par Rasmussen Reports, indique que la proportion des électeurs américains qui croient que le réchauffement climatique a des causes naturelles (44%), en forte hausse depuis 2006, est supérieure aujourd’hui à celle de ceux qui croient qu’elle est le résultat de l’action humaine (41%).
Une étude du site Internet DesmogBlog montre que le nombre de pages Internet affirmant que l’origine humaine du réchauffement global n’est qu’un canular ou un mensonge a plus que doublé l’an dernier.
Sur Amazon.co.uk, les ouvrages niant les changements climatiques sont actuellement classés n° 1, 2, 4, 5, 7 et 8 dans la catégorie « réchauffement climatique ». Peu importe qu’ils aient été mis en pièces par les scientifiques et les commentateurs, ils l’emportent de loin sur les livres scientifiques. Que se passe-t-il ?
Cela ne reflète certainement pas l’état de l’opinion scientifique, qui s’est renforcée considérablement au cours des deux dernières années. Si vous ne me croyez pas, ouvrez n’importe quel numéro récent de Science ou de Nature ou de toute revue éditée par un comité scientifique spécialisée dans les sciences de l’atmosphère ou l’environnement. Allez-y, essayez. Les débats sur le réchauffement climatique qui font rage sur Internet et dans la presse de droite ne reflète aucunement ceux des revues scientifiques.
Un scientifique américain de ma connaissance laisse entendre que ces livres et sites Web s’adressent à un marché littéraire nouveau : les personnes avec un QI à température ambiante. Il na pas précisé s’il parlait de Fahrenheit ou de Celsius. Mais ça ne se résume pas à cela. Beaucoup de gens intelligents se déclarent eux-mêmes sceptiques.
En 1973, l’anthropologue Ernest Becker a émit l’hypothèse que la crainte de la mort nous pousse à nous protéger avec des « mensonges vitaux » ou par une« armure psychologique ». Nous nous défendons de la terreur ultime en nous engageant dans des projets supposant l’immortalité, qui dopent notre estime de soi et nous gratifient d’un sens à nos actions qui s’étende au-delà de la mort. Plus de 300 études menées dans 15 pays, semblent confirmer la thèse de Becker. Quand les gens sont confrontés à des images, des mots ou des questions qui leur rappellent la mort, ils réagissent en consolidant leur vision du monde, rejetant les gens et les idées qui la menacent, et s’efforcent d’accroitre leur estime de soi.
Alors afin de vous faire une idée par vous même de ce qu’il en est sur l’influence de l’homme sur le réchauffement climatique. je vous invite à visiter le site du CNRS